Aysel Özakın

De femmes auteures de la Turquie

Aysel Özakın

Aysel Özakın est née en 1942 à Urfa. Après des années de lycée à İzmir elle est diplômée de département de français de l’Institut d’Education Gazi d’Ankara en1963. Titulaire d’une maitrise portant sur « Amour et Humour dans le Courant Surréaliste » Özakın enseigne dans cet institut. Ses premiers textes paraissent dans le journal Demokrat İzmir. Sa nouvelle « Küçük Şehrin Soğuk Geceleri » (« Les Nuits Froides De La Petite Ville ») parait en 1974 dans la revue Yeni Adımlar et obtient le premier prix du concours de nouvelle Sabahattin Ali. Elle écrit alors dans des journaux tels que Cumhuriyet, Militan, Politika. En 1975 elle publie son premier roman « Gurbet Yavrum » (« L’exil, Mon Enfant ») qui raconte la dispersion d’une famille entre Urfa, Mardin, İstanbul et finalement le Canada. Puis en 1976 ce sera un recueil de nouvelles « Sessiz Bir Dayanışma » (« Une Solidarité Silencieuse ») d’inspiration socialiste. Dans les pages culturelles du Cumhuriyet du 11 Octobre 1975 elle dira que l’objectif de son premier roman était de « critiquer à juste titre une génération qui croyait que de bonnes intentions, des sentiments généreux étaient suffisants pour obtenir le développement du pays ». En 1977, mutée dans un village de Çanakkale pour les raisons politiques, elle abandonne l’enseignement et se consacre à l’écriture et à la traduction. En 1978 parait son deuxième roman « Alnında Mavi Kuşlar » (« Les Oiseaux Bleus sur ton Front ») qui traites des problèmes sociaux et évoque les événements sanglants du 1er mai 1977 d’İstanbul. Ce roman obtient le prix Madaralı du roman en 1979. Lectrice de français au Conservatoire d’Etat d’İstanbul Özakın est nommée à la faculté de Sciences Politiques d’İstanbul en 1980, poste qu’elle ne rejoindra jamais car dans un symposium de littérature à Berlin elle apprend le coup d’Etat du 12 Septembre 1980 et ne revient pas en Turquie.

En 1980 elle fait paraître « Genç Kız ve Ölüm » (« La Jeune Fille et La Mort ») qui traite de la liberté des femmes et en 1981 « Kanal Boyu » (« Le Long du Canal ») qui est centré sur la vie et les problèmes des ouvriers turcs en Allemagne et regroupe ses observations et reportages. En 1987 elle épouse le peintre et sculpteur Bryan Ingham (1936-1997) et s’installe en Angleterre. En 1988 parait son roman « Mavi Maske » (« Le Masque Bleu ») quasi autobiographique où elle traite de la liberté des femmes sous l’angle de la liberté sexuelle. A partir des années 1990 Aysel Özakın écrit dans des langues étrangères en utilisant des pseudonymes tels qu’Anna Ingham. En 2005 parait « Güzellik Acısı » (« La Souffrance de la Beauté ») un roman traduit en turc à partir de l’anglais.

Les romans et nouvelles d’Aysel Özakın ont été publiés en Allemagne, aux Pays-Bas, en Angleterre, en France, en Grèce. Elle est titulaire du prix de la ville de Hamburg, de la bourse Günther Grass, de la bourse Worpswede et de celle de Valpovasio en Espagne.

Son dernier roman « Sevgilim 68 » (« Mon Cher 68/ Ma Chère Année 68 ») non encore publié traite de l’influence du mouvement de 1968 en Turquie et en Europe sur les relations entre hommes et femmes dans le cadre d’une histoire d’amour.

Certains chercheurs travaillant sur la littérature allemande considèrent Aysel Özakın uniquement comme un écrivain turc émigré en Allemagne et écrivant en allemand ce qu’elle conteste en regard à sa carrière d’écrivain antérieure à sa venue en Allemagne et à la diversité des sujets qu’elle aborde. Dans ses premières nouvelles Özakın témoigne de la vie des petites gens, des jeunes filles et femmes subissant l’oppression de leur entourage et elle s’interroge sur le regard porté sur la femme par la société. Des critiques ont pu lui reprocher ses vues définitives sur les classes sociales et une approche trop idéologique. Certes de la lutte des classes est un sujet que l’on retrouve dans tous ses livres, mais avec le temps ils s’ouvrent sur une perspective plus large. C’est la femme qui est généralement le personnage principal des livres d’Özakın. Elle traite le problème de la liberté de la femme dans un cadre social et politique.

« Gurbet Yavrum » (« L’exil, Mon Enfant ») est le récit d’une famille dispersée entre Urfa, Mardin, İstanbul et le Canada. Par le biais d’une jeune fille rencontrant son père au Canada Özakın traite des conditions sociales, de souvenirs d’émigration et de la signification de se retrouver étranger ou minoritaire dans une société.

« Sessiz Bir Dayanışma » (« Une Solidarité Silencieuse ») est un recueil de nouvelles décrivant de façon réaliste, la vie quotidienne et les conflits de classe dans différentes couches de la société.

« Alnında Mavi Kuşlar » (« Les Oiseaux Bleus sur ton Front ») est un des rares romans transposant dans la littérature les événements tragiques du 1er mai 1977 à İstanbul. Il relate l’histoire d’Armağan qui se libère de l’oppression et du mépris de sa famille et de la société et arrive à İstanbul pour y vivre sa vie. Là elle remet en question son passé, son milieu et s’interroge sur elle-même. Les critiques diront « C’est un des romans qu’il faut avoir lu ».

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