Elbis Gesaratsyan

De femmes auteures de la Turquie

Elbis Gesaratsyan Elbis Gesaratsyan (née en 1830 à Istanbul, morte en 1911 au Caire)

En 1830, Elbis Gesaratsyan est née à Beşiktaş, un des quartiers importants pour la communauté arménienne. Elle était la tante de Dikran Gamsaragan qui était journaliste-écrivain. Reconnue comme la première journaliste arménienne dans la presse ottomane, le 1er Août 1862, elle a commencé à publier la première magasine féminine arménienne Gitar. C’était une revue mensuelle dont le slogan était « L’invitation aux filles arméniennes ». Elle était de petite taille et avait huit pages au total. Son abonnement pour six mois coûtait 40 centimes. Ses sept premiers numéros ont été publiés. Mais faute du nombre suffisant des abonnés et des lecteurs, son dernier numéro était distribué le 1er Février 1863.

Elle signait ses articles dans sa magasine Gitar sous des autres noms comme Y.G.D (Yelbis Garabedyan Doğramacı) et Hayguhi (Une femme arménienne). Elle visait à remonter le niveau d’éducation chez les femmes arméniennes, à accroître l’amour d’éducation et de la civilisation, à faire prendre conscience aux femmes de protéger leurs droits. Quand on lisait les titres de ses premiers articles dans sa magasine, on comprenait clairement ses efforts : « Vokin Hayrenasirutyan » (Esprit nationaliste), « Ar Oriortıs » (Aux jeunes filles), « Ingerutyan Okdagarutyunı » (Service à la société), « Iravunkı i Kordz Tınelı Hantıknutyun çe » (Utiliser ses droits n’est pas un toupet). Son envie de publier une magasine a été soutenu aussi par la presse arménienne. Par exemple, le journal/la magasine politique, économique, philosophique et littéraire Masis publié(e) à Istanbul a félicité Elbis Gesaratsyan pour la publication de sa magasine et a précisé qu’il fallait encourager cette femme qui était la première à faire une action comme celle-ci et qui donnait de l’importance à l’éducation des familles et des femmes arméniennes (1862, numéro 547). Un des intellectuels arméniens Hovsep Vartanyan (Vartan Paşa), écrivain du premier roman turc Akabi Hikâyesi (1851) a souhaité dans Mecmua-i Havadis que la magasine de cette femme ait un bon lectorat qui augmente avec le temps (1862, numéro 458).

Elbis Gesaratsyan a exprimé ses pensées dans son livre Namagani ar Intertsaser Hayuhis (Lettres à la femme arménienne qui aime l’éducation) publié en 1879. Cette écrivaine a essayé d’analyser les causes de l’inégalité entre les sexes. Elle a défendu qu’il fallait que les femmes deviennent plus libres pour que la société développe et que ceci ne pouvait réaliser qu’avec l’éducation. Avec le revenu de ce livre, elle a fait une donation à l’Association des Femmes Arméniennes Nationalistes (Azkanıver Hayuhyats Ingerutyun) dont elle faisait partie. Cette écrivaine a aussi écrit des articles sur les sujets quotidiens et sociétaux pour les magasines Masis et Dzağig (Fleur).

Gesaratsyan a vécu à Istanbul jusqu’à la fin de sa vie. D’après Amenun Daretsuytsı (L’annuel de tout le monde) publié par Teotig en 1911, elle s’était trouvée à Iskenderiye en 1911 et y était morte.

Bibliographie :

Boğosyan, Yeprem. « Elbis Gesaratsyan ve Gitar ». Bir Adalet Feryadı, Osmanlı’dan Türkiye’ye Beş Ermeni Feminist Yazar (1862-1933), der. Lerna Ekmekçioğlu, Melissa Bilal. Istanbul : Aras Yayıncılık, 2006. 22- 24

Gesaratsyan, Elbis. « Bizim Cinsimize Neden Zayıflık Yakıştırılır ».çev. Satanik Alanyan. Bir Adalet Feryadı, Osmanlı’dan Türkiye’ye Beş Ermeni Feminist Yazar (1862-1933), der. Lerna Ekmekçioğlu, Melissa Bilal. Istanbul : Aras Yayıncılık, 2006. 25-34

Boîte à outils
Autres langues
Outils personnels