Fatma Aliye

De femmes auteures de la Turquie

Fatma Aliye (1862-1936)

Elle est reconnue comme la première femme écrivain de la littérature turque. Certes Zafer Hanım a publié son roman Vatan (L’amour de la Patrie) en 1877 bien avant la première œuvre de Fatma Aliye, mais celle-ci est l’auteur d’un plus grand nombre de livres. Fatma Aliye est la fille de Adviye Rabia Hanım et de Ahmet Cevdet Pacha, haut fonctionnaire, avocat et historique. Elle est la sœur de Ali Sedat et de Emine Semiye, figure plus radicale qu’elle dans le mouvement féministe. Elle reçoit une éducation à domicile. A 17 ans elle épouse Mehmet Faik Bey, que son père a jugé lui convenir. De ce mariage naissent 4 filles: Hatice Faik Topuz Muhtar (née en 1880); Ayşe Faik Topuz (1884-1967); Nimet Faik Topuz Selen (1900-1972); Zübeyde ismet Faik Topuz (née en 1901). Avec l’autorisation de son père, de son frère et de son mari elle traduit le livre de George Ohnet Volonté avec la signature « une femme ». C’est son premier pas dans la littérature. Pendant une période elle signera ses œuvres "la traductrice de Volonté". En 1891 avec Ahmet Mithat Efendi elle publie Hayal ve Hakikat (Rêve et la Réalité) dont elle a écrit la partie « rêve » puis sous son propre nom les romans Muhadarat en 1891, Refet en 1897, Levayih-i Hayat en 1897, Udi en 1899 et Enin en 1912. Son roman Udi sera traduit en français sous le nom La joueuse de l'Outh en 1899 par Gustave Séon. Elle s’intéresse aussi à la philosophie et a l’histoire. En 1899 dans le journal Hanımlara Mahsus Gazete elle publie en feuilleton Teracim-i Ahval-i Felasife la biographie de philosophes qui paraitra en livre plus tard et en 1901 un essai philosophique Tedkik-i Ecsam (L’examen des matières). Elle écrit aussi des livres d’histoire Kosova Zaferi ve Ankara Hezimeti (Le succès de Kosova et la faillite d’Ankara) (1912) et Ahmet Cevdet Paşa ve Zamanı (Ahmet Cevdet Pacha et son temps) (1912-13) qui restera inachevé. Elle écrie de façon régulière pour le premier journal féminin Hanımlara Mahsus Gazete (Le Journal propre aux femmes). Elle souligne dans ses articles qu’elle voit la libération des femmes dans un İslam épuré de son interprétation patriarcal. A l’article de Mahmut Esat Efendi « Taaddüt-i Zevcat » qui traite de la polygamie elle répond par le texte Taaddüt-i Zevcat’a Zeyl(1899) dans lequel elle critique la polygamie. Son livre Ünlü İslam Kadınları (Les femmes célèbres de l’Islam) (1895) qui présente les biographies de femmes des premiers temps de l’Islam est l’exemple le plus ancien d’une conscience féministe de l’histoire. Dans son livre Nisvan-ı İslam (1892) Les Femmes musulmanes contemporaines revient sur les impressions écrites par des femmes européennes qui ont connu de prés des femmes ottomanes et en corrige ce qu’elle juge erroné. Le livre sera traduit deux fois en français par Olga de Labedeff et Nazime Roukié en 1894. Il sera aussi traduit en arabe. Ses livres seront exposés à la Foire du livre de Chicago en 1893. Sa biographie et la liste de ses œuvres se trouveront dans le catalogue de « The Woman’s Library of the World’s Fair ». Dans ses romans elle ne se contente pas de constater les problèmes vécues par les femmes dans le mariage, la famille, tels que les infidélités conjugales, les désaccords entre les époux dus à la différence de leur éducation. Comme on le verra dans les romans Refet et Udi elle montre la voie à suivre en insistant sur le fait que si les femmes veulent surmonter leurs problèmes il leur faut gagner leur indépendance économique.

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