Nezihe MERİÇ

De femmes auteures de la Turquie

Nezihe Meriç

Nezihe Meriç est née le 28 février 1924 à Gemlik. En 1943, elle a commencé des études à la faculté des Lettres de l’Université d’İstanbul, mais ne les a pas achevées. Elle a enseigné la musique et dirigé entre 1952-1972 la revue Dost publiée par Salim Şengül qu’elle a épousé en 1956.

Elle a publié son premier article « Ümit » le 15 février 1945 dans la Revue d’İstanbul sous la signature Ufuk et sa première nouvelle « Bir Şey » (« Quelque Chose ») dans la revue Seçilmiş Hikayeler. « Korsan Çıkmazı » (« Impasse du corsaire ») a obtenu le prix du Türk Dil Kurumu (l’Equivalent de l’Académie Française pour la sauvegarde de la Langue Turque) en 1962, « Bir Kara Derin Kuyu » (« Un puits noir et profond ») le prix Sait Faik en 1990, « Yandırma » le prix Sedat Simavi de Littérature en 1998 et le prix de littérature de la ville de Mersin en 2007.

D’après les critiques Nezihe Meriç «  rend de façon remarquable et dans une atmosphère politique la solitude intérieure de nombre de jeunes filles et de femmes, même très entourées ». Dans ses livres elle s’est consacrée sur les problèmes des femmes et des enfants. Ses nouvelles prennent place dans maintes anthologies de nouvelles publiées aux Etats-Unis, en Allemagne, en France et en Russie.

Nezihe Meriç est un écrivain prolixe. Elle a beaucoup écrit et dans des genres différents. Des nouvelles « Boz-Bulanık » (1953), « Topal Koşma » (1956), « Menekşeli Bilinç » (1965), « Dumanaltı » (1979), « Bir Kara Derin Kuyu » (1989), « Yandırma » (1998), « Gülün İçinde Bülbül Sesi Var » (2008) ; un roman « Korsan Çıkmazı » (1962) ; un livre de souvenirs « Çavlanın İçinde Sessizce » (2004) ; des pièces de théâtre « Sular Aydınlanıyordu » (1969), « Sevdican » (1984) et « Çın Sabahta » (1984). Elle a aussi écrit des livres pour les enfants : « Alagün Çocukları » (« Les Enfants d’Alagün ») (1976), « Küçük Bir Kız Tanıyorum » (« Je connais une petite fille ») (une série de sept livres publiés entre 1991 et 1998), « Dur Dünya Çocukları Bekle » (« Monde, Arrête-toi, Attends les enfants ») (1992) et « Ahmet Adında Bir Çocuk » (« Un Enfant Nommé Ahmet ») (1998).

Nezihe Meriç peut être considérée comme la première femme auteur de nouvelles, mise à part Halide Edip et son livre « Handan », ayant réussi à parler des femmes avec une perception féminine. Ce courant littéraire de la nouvelle écrit par des femmes apparaît après 1950 avec Nezihe Meriç qui a placé le cours de la femme en centre même de l’écriture et a développé une langue originale. Il y a dans ses œuvres quelque chose de différent à la fois dans la langue et la façon de traites de sujet.

Dans les nouvelles de Nezihe Meriç la narratrice raconte sa propre histoire, dit « je ». Or, comme l’a précisé Virigina Woolf, qu’une femme dise « moi » est bien différent du « moi » proféré par un homme.

A l’instar de Sait Faik Nezihe Meriç décrit dans ses nouvelles non pas tant des évènements que l’influence qu’ils exercent sur la personne. Comme le dit A. Bezirci « dans ses nouvelles elle saisit avec maitrise un état d’âme, un sourire, un comportement fugitif ». Nezihe Meriç est morte d’un cancer à Istanbul le 18 août 2009.

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