Sırpuhi Düssap

De femmes auteures de la Turquie

Sırpuhi Düsap Sırpuhi Düsap (née en 1841 à Istanbul et morte le 16 Janvier 1901 à Istanbul)

Elle est née dans une famille aristocrate au quartier Ortaköy à Istanbul. Quand elle avait un an, son père est mort. Sa mère, Nazlı Vahanyan, a fondé l’Ecole des Filles Hırpsimyants en 1859 et Ağkadakhınam Dignants Ingerutyun (Communauté des femmes qui aident les classes non aisées) en 1864. Nazlı Vahanyan a travaillé pour obtenir le droit d’éducation des femmes. Le frère de Sırpuhi Düsap était pharmacien. Il a supervisé l’éducation de sa sœur qui a étudié dans une école française au quartier Ortaköy à Istanbul. Elle a suivi des cours de sciences naturelles, d’histoire et de musique. Etant passionnée de la littérature, elle visait à être plus réussie dans ce domaine. Pour cela, elle a eu des cours privés. Son professeur était Mıgırdiç Beşiktaşlıyan (1828-1868), un des poètes connus de l’époque. (Après la mort inattendue de son professeur, elle avait écrit un poème sentimental en arménien classique et dans les funérailles, elle l’avait lu. Ce poème se trouve à la première page du livre de Beşiktaşlıyan Matenagrutiunk qui était publié après sa mort.) Sırpuhi Düsap se trouvait dans une ambiance où on parlait des problèmes sociaux parce que sa mère travaillait pour l’ophelinat Kalfayan, les écoles Naregyan et Hamazkyats. Elle participait aussi aux salons où les intellectuels se retrouvaient.

Etant influencée par son professeur Beşiktaşlıyan, Sırpuhi Düsap a écrit des poèmes au début de sa vie littéraire. Un de ses poèmes Garun, dédié à Arsen Bagratuni, a été publié dans Bazmavep en 1864. Elle était influencée par des écrivains français comme Jean Jacques Rousseau, Madame de Stael et Georges Sand. Avec le temps, ses intérêts intellectuels étaient basés sur la place des femmes dans un système subjectif, injuste et impitoyable dominé par les hommes. En 1871, elle s’est mariée avec Paul Dussap, musicien français. Elle s’est occupée de l’éducation de ses deux enfants, Dorin et Edgar. Son mari, un des intellectuels de l’époque, qui travaillait comme chef de Mızıka-i Hümayun et qui était appelé comme “Paşa” pendant le règne d’Abdülhamid II favorisait aussi les pensées intellectuels de Sırpuhi Düssap. En 1879, elle est devenue membre actif de Tıbrotsaser Hayuhyats Ingerutyun (Communauté des femmes arméniennes qui apprécient l’école/l’éducation). Plus tard, elle y est devenue présidente. Entre 1880 et 1882, elle a publié des articles dans les magazines importantes d’Istanbul et d’Izmir : Ganants Tasdiaragutyuni (Education des femmes, 1880), Ganants Aşkhadutyan Isgızpunkı (Principe de travail des femmes, 1881), Kani mı Khosk Ganants Ankordzutyan Masin (Quelques paroles à propos du non-travail des femmes, 1881) et Ermeni Toplumu (Société arménienne). Düsap s’oppossait à toutes les injustices faites aux femmes et demandait d’avoir les mêmes droits avec les hommes comme éducation, travail, liberté de choisir son conjoint. Elle a publié son premier livre en 1883: Mayda. Ce livre était le premier livre publié par une arménienne. Il contenait des lettres de deux femmes, Mayda, une femme neuve qui essayait de surmonter toute seule ses problèmes dans une société intolérante et Sira, une femme qui travaillait pour la liberté des femmes. Les intellectuels arméniens, surtout les femmes ont bien apprécié ce roman dont le contenu était courageusement féministe. Dans ce livre, en s’opposant à la supériorité “naturelle” des hommes pour éviter les femmes d’avoir un statu secondaire dans la société, Sıpuhi Düsap défendait que la société accepte la capacité intellectuelle des femmes et donne la possibilité d’être éduquée et de travailler aux femmes.

En 1884, elle a publié son deuxième livre plus réussi que le premier, Siranuş, où on entendait plus la voix d’une femme qui s’opposait au despotisme masculin. Critiquant les mariages arrangés, Sırpuhi Düsap y a parlé d’une femme victime de l’ambition, de l’avidité de son père et de l’infidelité de son mari.

Dans son troisième et son dernier livre Araksiya gam Varjuhin (Araksiya ou Mürebbiye), il s’agissait de la situation des femmes touchées par des différences de classes, des préjugés, des arrières pensées, de la rivalité entre les familles. Dans toutes les conditions, c’étaient toujours des femmes qui devenaient tristes, impuissantes. Même si on disait que les personnalités des livres de Düsap venaient des familles urbaines, éduquées et critiquaient les cas avec une sensibilité de la classe moyenne ou supérieure, tout ce que Sırpuhi Düsap traitait sur la libération des femmes était devenu exemple pour les autres écrivaines arméniennes. Sibil, Zabel Yesayan et Arşaguhi Teotig étaient influencés par Düsap et ont déclaré cette influence dans leurs œuvres.

Une des écrivaines importantes de la langue arménienne moderne, Sırpuhi Düsap est partie à Paris à cause de ses problèmes de santé. En 1891, elle est rentrée à Istanbul et sa fille Dorin âgée de dix-huit ans est morte. A cause d’une telle tristesse, elle s’est isolée de tout. Elle n’a publié rien jusqu’à sa mort, le 16 Janvier 1901.

Bibliographie:
Düsap, Sırpuhi. Araksiya gam Varjuhin (Araksiya ya da Mürebbiye). İstanbul: 1887.
____. Mayda. İstanbul: 1883.
____. Siranuş. İstanbul: 1884.
Hacikyan, Agop J. (Coordinating Editor), Gabriel Basmajian, Edward S.
Franchuk, Nourhan Ouzounian. “Sırbuhi Dussap”. The Heritage of Armenian Literature, V. III (From the eighteenth Century to modern times), Detroit-Michingan: Wayne University Press, 2005, 399-401.
Rowe, Victoria. A History of Armenian Women’s Writing: 1880-1922. London: Cambridge Scholars Press, 2003.. 33-74
____. “Öncü Anneler, “Gerçek Kız Kardeşler” ve Sırpuhi Düsap”. çev. Zülal Kılıç. Bir Adalet Feryadı: Osmanlı’dan Türkiye’ye Beş Ermeni Yazar. 1862-1933. İstanbul: Aras Yayıncılık, 2006. 37-84.

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