Selçuk BARAN

De femmes auteures de la Turquie

Selçuk BARAN

Selçuk Baran est née le 7 mars 1933 à Ankara. Sa mère est Halide Banazlı, son père « Talat Veziroğlu, technicien agricole ». Seule fille de la famille elle a un frère de 10 ans plus jeune qu’elle. Elle a 4 ans quand elle apprend à lire et 12 ans quand elle décide de devenir écrivain. Elle est diplômée du lycée de jeunes filles d’Ankara et de la faculté de droit d’Ankara (1954). Elle fait une maitrise en Allemagne en tant que boursière. En 1956 elle rencontre Ayhan Baran, ils se marient en 1957. Après son mariage elle quitte son travail à l’institut de recherche juridique. Ils ont une fille Ayda. Selçuk Baran retravaille après la guérison d’Ayhan Baran atteint un cancer. Ils ont une deuxième fille Işıl.

Mais Selçuk Baran déçue dans sa vie privée, épuisée par les responsabilités familiales, aspire toujours à l’écriture. Elle est malheureuse, désespérée.

Ayhan Baran ne prend d’abord pas au sérieux les écrits de sa femme. Il la trompe. En 1986, ils déménagent à İstanbul pour sauver leur mariage mais reviennent à Ankara en 1993. Selçuk Baran est dépressive et se réfugie dans l’alcool. Elle se sent captive de sa maison et pense qu’elle attend trop de la vie. Ainsi elle dira « Je me sens malheureuse, je suis étrangère à ce monde ; je fais d’énormes efforts pour ne pas sombrer ».

Par ennui elle finit même par reprendre une activité (à un poste bien inférieur !) dans l’institut où elle avait travaillé 25 ans auparavant.

Quelques mois avant sa mort elle écrira dans « l’Encyclopédie des écrivains du Tanzimat à nos jours » : « J’ai admis que j’étais un écrivain raté. J’ai donc pris en 1994 la décision de ne plus écrire. Depuis lors je prends plaisir à la vie comme une personne ordinaire. »

Elle meurt en novembre 1999 hémorragie stomacale.

« Çocuğun Biri » (« Un Enfant Quelconque ») sa première nouvelle parait en 1968 dans la revue Yeditepe. Son premier recueil de nouvelles « Haziran » (« Juin ») parait en 1972 et obtient le prix du Türk Dil Kurumu (L’équivalent de l’Académie française pour la langue turque).

Avec « Haziran » Selçuk Baran nous fait pénétrer dans le monde des petites gens rangés par des conflits intérieurs. Ils ne s’en sortent pas.

Son deuxième recueil de nouvelles « Anaların Hakkı » (« Le Droit des Mères ») parait en 1977 et obtient le prix Sait Faik de la nouvelle. Puis ce sera « Kış Yolculuğu »(« Le Voyage d’Hiver ») et « Tortu » (« La Lie ») en 1984, « Yelkovan Yokuşu » en 1989, « Arjantin Tangoları » (« Les Tangos Arjantins ») en 1992 et « Porselen Bebek » (« Le Bébé en Porcelaine ») en 1996.

Dans « Anaların Hakkı » chacun essaie de jouer le rôle que la société lui assigne, mais cela est source d’atroces souffrances. Le seul recours serait cette vie intérieure que l’auteur dévoile à ses lecteurs.

Dans « Kış Yolculuğu » elle insiste sur l’irréversibilité du temps ; le passé est à jamais passé.

Dans « Yelkovan Yokuşu » elle traite des relations entre les hommes et les femmes, de l’effet destructeur sur les femmes de l’institution du mariage et de l’incompréhension dont souffrent les femmes.

Dans « Arjantin Tangoları » elle se penche sur la vie des femmes qui vivent en ville et sur l’inconscient.

« Porselen Bebek » enfin nous fait entrer dans le monde des enfants.

Le premier roman de Baran « Bir Solgun Adam » (« Un Homme Fané ») parait en 1975 et obtient une mention du journal Milliyet. Ce sera aussi le cas de « Bozkır Çiçekleri » (« Les Fleurs de la Steppe ») qui sera publié en 1987. Son dernier roman « Güz Gelmeden » (« Avant que l’automne ne vienne ») ne paraitra qu’en 2000, après la mort de Selçuk Baran et 13 ans après avoir été écrit.

Dans « Bir Solgun Adam » un homme mal à l’aise dans le milieu urbain où il vit, remet en question son itinéraire intérieur.

« Bozkır Çiçekleri » est l’histoire des trois jeunes à la recherche de leur identité.

Dans son dernier roman « Güz Gelmeden » elle relate le drame de personnes d’âge et de milieu différents dont, à un moment donné, la vie se brise.

Selçuk Baran a aussi traduit le livre pour enfants « Çarli’nin Büyük Cam Asansörü » ( « Le Grand Ascenseur de Verre de Çarli ») de Ronald Dahl et « des Cours de Sociologie du Droit ».

Les personnages de Selçuk Baran sont désarmés devant la vie ; rien pas même le soleil ne peut les réchauffer. On peut dire qu’elle tient un miroir devant tout ce qui a été vécu en Turquie entre 1960 et 1990. La nature ne tient pas de place dans ses œuvres, c’est un écrivain de la ville, ou plus encore l’écrivain d’Ankara. Elle nous décrit la vie des gens simples, les gens des villes poussés vers une vie de plus en plus malheureuse.

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